Leader mondial de l’écrou

Les établissements Grousset capitale mondiale

Dans les années 1960 et 1970, les établissements Grousset connaissent leur apogée. Avec près de 340 salariés, une production de plusieurs millions de pièces chaque jour et des exportations vers les grands centres industriels internationaux, l’entreprise fait alors de Saint-Just-sur-Loire une véritable capitale de l’écrou.

L’histoire commence pourtant modestement en 1904 à Firminy. Ingénieur et homme d’industrie visionnaire, Jacques Grousset s’associe à son père pour développer un atelier de constructions mécaniques. À cette époque, l’essor de l’automobile ouvre des perspectives considérables et stimule les besoins en pièces mécaniques.

Le choix décisif de la spécialisation

Jacques Grousset comprend très tôt que l’avenir de son entreprise passe par la spécialisation. Parmi les différentes pièces produites dans ses ateliers, il fait un choix déterminant : l’écrou.

Progressivement, les autres fabrications sont abandonnées afin de concentrer les moyens, les hommes et les innovations sur cette seule spécialité. L’ambition est claire : produire mieux, plus vite et avec une qualité parfaitement maîtrisée.

En 1919, le développement de l’activité nécessite davantage d’espace. Jacques Grousset choisit alors Saint-Just-sur-Loire, où la proximité du chemin de fer facilite l’arrivée des matières premières. C’est sur ce nouveau site que l’entreprise va véritablement prendre son essor.

Du métal brut à l’écrou fini

L’une des grandes forces de Grousset réside dans sa volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne de fabrication. Le métal arrive par chemin de fer sous forme de billettes ou de couronnes avant d’être transformé directement dans l’usine.

Grâce à ses laminoirs et tréfileuses, l’entreprise prépare elle-même la matière afin d’obtenir exactement les caractéristiques nécessaires à ses productions. Cette recherche d’autonomie va jusqu’à la conception et à la fabrication de ses propres machines, spécialement adaptées aux exigences de la production d’écrous.

Cette organisation permet à Grousset d’améliorer continuellement ses rendements, de maîtriser ses coûts et de garantir une qualité constante.

1966, l’âge d’or

Dans les années 1960, Grousset atteint une dimension industrielle considérable. Son site de Saint-Just-sur-Loire représente près de 15 000 m² couverts et emploie 338 personnes.

En 1966, environ 15 000 tonnes de métal sont transformées et la production atteint 1,3 milliard de pièces. Les ateliers peuvent fabriquer jusqu’à 5,5 millions d’écrous par jour, témoignant de la puissance et du niveau d’organisation atteint par l’entreprise.

Près de 40 % de la production est destinée à l’industrie automobile, tandis qu’une part importante prend le chemin de l’exportation.

Saint-Just-sur-Loire, capitale de l’écrou

Les caisses d’écrous quittent quotidiennement l’usine pour approvisionner les industriels français, mais également de grands centres de production étrangers : Chicago, Détroit, Milan, Stuttgart…

À l’aube des années 1970, Grousset a ainsi dépassé depuis longtemps les frontières de la Loire. Son savoir-faire, sa capacité de production et sa maîtrise industrielle lui permettent de compter parmi les références mondiales de la fabrication d’écrous.

Pendant plusieurs générations, cette entreprise familiale aura ainsi transformé une spécialité mécanique apparemment modeste en une formidable aventure industrielle, faisant rayonner Saint-Just-sur-Loire et le savoir-faire industriel français dans le monde entier.